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Madagascar

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Reasons for Rebelion and Declaration of the opposition

Marc Ravalomanana: La constitution retournée contre lui,

Andry Rajoelina prend les affaires en mains

 

Depuis le début de cette révolution orange, Madagate.com n’a cessé d’informer le monde que quelque chose ne clochait pas dans le pays des lémuriens. Cela, sans verser dans le fanatisme ni l’extrémisme aigu, mais porté par la soif de la justice et le sens de l’équité de chaque être humain,

inscrits dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. La date du 31 janvier 2009 restera à jamais dans l’Histoire contemporaine de Madagascar. Mais avant d’aller plus loin, il faut recadrer la situation.

Le 30 janvier 2009, des ambassadeurs des pays accrédités dans la Grande île, des membres du Ffkm (Conseil oeucuménique des églises chrétiennes de Madagascar), plusieurs entités de la société civile, avaient rencontré Andry Rajoelina pour lui suggérer de prôner le dialogue avec Marc Ravalomanana. Jusqu’à la veille de ce samedi 30 janvier 2009, le Maire de la ville d’Antananarivo avait espéré que le président de la république allait l’appeler, un dialogue n’étant jamais à sens unique. Hélas, aucun écho de la part de la présidence.
Entre-temps, le gouvernement de Barack Obama, par le biais du bureau du porte-parole du « State Department » avait adressé un communiqué indiquant que « les Etats-Unis étaient préoccupés par la récente violence politique à Madagascar » et que « Nous espérons que les protagonistes dans ce conflit respecteront la Constitution de Madagascar au moment où ils tentent de résoudre leurs différends politiques ».

 

De son côté, notre confrère « La Gazette de la Grande île » du 30 janvier, a fait paraître un article, en sa page 3, qui dresse un panorama de la vision de la crise par le régime Ravalomanana : « Jeudi (29 janvier), en conseil des ministres, Marc Ravalomanana a évoqué la réouverture de Viva Tv et radio Viva. Selon lui, la fermeture de ces stations d’Andry Rajoelina ayant provoqué l’actuelle crise, l’autorisation de diffusion qu’il a accordée devrait ramener le calme. Grossière erreur de jugement, car la fermeture de Viva ne fut que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Si la population d’Antananarivo s’est levée, c’est notamment pour dénoncer chez ce régime un ensemble de pratiques contraires à la bonne gouvernance. Comme l’utilisation du pouvoir pour favoriser le monopole des entreprises présidentielles et assurer leur expansion. Conne une gestion des finances publiques contraire à l’orthodoxie financière, dont l’achat hors budget de l’avion présidentiel est un exemple parmi d’autres. Comme la politisation de l’administration et l’octroi de faveurs particulières aux fonctionnaires Tim (parti au pouvoir). Comme l’arrestation des leaders d’opposition à partir souvent de dossiers montés de toutes pièces. Comme la révision de la Constitution à son avantage, notamment pour renforcer son pouvoir et perdurer à la barre. Comme les brimades infligées aux élus qui ne sont pas de con camp, et dont le meilleur exemple est le maire Andry Rajoelina… On peut continuer longuement les dérives de ce régime qui est le plus faible de notre histoire. Bref, si on veut calmer le public tananarivien qui s’es dressé, c’est tout cela qu’il faut réformer, puisque la réouverture de Viva ne suffit pas. Ces derniers temps, Marc Ravalomanana tient des propos apaisants pour amadouer la population tananarivienne, comme les promesses sur la révision du code électoral. Mais qu’on ne se laisse pas duper. Seule la présence du camp d’Andry Rajoelina dans les sphères du pouvoir peut garantir un processus correct à ce sujet ».

 

Mais actuellement, ce n’est plus la seule population tananarivienne que Marc Ravalomanana s’est mis à dos. C’est l’ensemble du peuple malgache. Dans ce dossier, l’important n’est pas au niveau des photos mais des résolutions prises par Andry Rajoelina qui a le soutien de 30 parlementaires (Sénateurs et Députés) en exercice, de la plate-forme de l’opposition et d’un large frange de la société civile. Quant aux forces de l’ordre, elles ont déclaré -et elles sont passé à l’acte- qu’elles étaient là pour préserver la sécurité de la population et de ses biens. Certes, Andry Rajoelina n’a que 34 ans. Mais la valeur n’attendant pas le nombre des années, il s’est entouré d’une armada de spécialistes dans tous les domaines. Ce samedi 30 janvier à marquer d’une pierre blanche, ce sont des juristes quoi sont montés au créneau pour dénoncer la haute trahison et le parjure de Marc Ravalomanana vis-à-vis de cette Constitution dont le respect obnubile les puissances étrangères incluant donc les bailleurs de fonds. Voici, texto, les deux principaux discours de ce samedi, agrémentés de quelques photos expressives et légendées.

Mme Perle Rasoloarijao qui a énuméré toutes les violations répétées de Marc Ravalomanana

« I. Article 126 de la Constitution, sur la déchéance du président de la république. 1. Haute trahison.
Article 80, alinéa 2 du Code Pénal (CP) : atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat

 

b) Article 75 : alinéa 2 du CP sur la pénétration de forces étrangères, notamment sur les manœuvres étrangère ayant démonté l’émetteur de la radio Viva et ayant défendu la station Mbs.

 

II. Violation grave et répétée de la Constitution

 

a) Contrairement aux termes de l’article 3 de la Constitution stipulant que : le territoire national est inaliénable, l’Etat a procédé à la vente de 1,300.000 ha de terrains à la société sud-coréenne Daewoo Logistics, ainsi que la vente des îles Mitsio et Iranja à Nosy Be à la société Active Development

b) Contrairement aux termes de l’article 10 de la Constitution sur la violation des libertés fondamentales (expression, opinon, etc…), sans impératif d’ordre public.

c) Contrairement aux termes de l’article 8 de la Constitution : discrimination fondée sur la croyance religieuse, quand l’Etat a procédé à la fermeture de l’église Fpvm.

d) Violation du serment sur le respect de la Constitution et de tous les textes en vigueur qui valent PARJURE quand le président a acheté l’avion Force One pour un prix de 60 millions de dollars

e) Violation du serment sur le respect des textes en vigueur quand il a annoncé en public avoir ordonné à la prise du mandat d’arrêt contre M. Roland Ratsiraka et le Général Rasolosoa Dolin. Ceci, sans évoquer les violations des principes du secret de l’information et du droit à la défense.

f) Violation du préambule de la Constitution quand il n’a pas observé l’impératif de recommandation sur la lutte contre la corruption. Quand il a négocié, il fait des tractations avec le P-Dg de Daewoo Logistics qui est pourtant un escroc international recherché par Interpol.

g) Violation du préambule de la Constitution sur la séparation des pouvoirs quand il a déclaré en public avoir envoyé tous les membres de la Haute cour constitutionnelle en Afrique du Sud, pour y suivre des formations sur le code électoral et sur la commission indépendante électorale. Ce qui vaut violation des principes généraux de droit édicté par le préambule de la Constitution.

h) Violation du préambule de la Constitution relative aux droits et libertés fondamentaux quand il a fait procéder à la fermeture sans impératif d’ordre public de la télévision et de la radio Viva.

i) Violation des termes de l’article 43 de la Constitution sur la prise illégale d’intérêts quand il a porté atteinte à la libre concurrence et à la liberté d’entreprise sur le monopole mené par le groupe Tiko.
(Ndlr : A ce sujet, nous avons entendu et écouté l’intervention d’un fonctionnaire, hier vendredi 30 janvier 2009, sur radio Viva. Révélations reprises dans l’article suivant paru dans la Gazette de la Grande île de samedi 31 janvier 2009, en sa page 3 toujours : « Un fonctionnaire du ministère des Finances, entendu hier sur radio Viva, a fourni des nouvelles inquiétantes. Selon cet agent, qui a requis l’anonymat, lui et d’autres fonctionnaires du département ont été réquisitionnés pour mener une tâche précise : effacer des archives informatiques du ministère toutes les données sur Tiko et les entreprises présidentielles en général. Il s’agit, notamment, de gommer les documents se rapportant aux Douanes et au Service des Impôts. Les mémoires qui comportent des informations dans ces domaines sont même détruites, selon ce fonctionnaire, « ceux qui pourraient servirent à des actions en justice » (…).

j) Violation des termes de l’article 46, alinéa 2 de la Constitution, sur l’utilisation à des fins de propagande des prérogatives octroyées dans le cadre de ses fonctions quand il a ordonné aux chefs de région et de district, à faire de la propagande en sa faveur, lors des élections présidentielles de 2007.

 

DECISIONS D’ANDRY NIRINA RAJOELINA PRISES EN CONCERTATION AVEC LE PEUPLE MALAGASY

 

« Mesdames et Messieurs,
Devant cette violation de la Constitution effectuée par Monsieur Marc Ravalomanana et son équipe, stipulée dans l’article 126 de la Constitution sur la déchéance du président de la république pour haute trahison, violation grave et répétée de la Constitution, le peuple malgache exige le départ sans délai du président de la république !

Mesdames et Messieurs,
En ce qui nous concerne, puisque les yeux du monde entier sont braqués sur nous, je déclare qu’aucun de nous ne doit être leurs complices, ni vous les bailleurs de fonds, ni vous chefs d’église qui connaissez que trop la souffrance qu’endurent les Malgaches actuellement. Notre démarche devra se faire par étape et voici comment nous allons procéder : cette requête du départ immédiat du président de la république sera déposée auprès des parlementaires. Cela dans le respect de la légalité et de la loi.

(Ndlr : l’article 126 stipule : - Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison ou de violation grave et répétée de la Constitution.

Il ne peut être mis en accusation que par les deux Assemblées parlementaires statuant par un vote séparé, au scrutin public et à la majorité des deux tiers des membres composant chaque assemblée. Il est justiciable de la Haute Cour de Justice et peut encourir la déchéance.
Si la déchéance est prononcée, la Haute Cour Constitutionnelle constate la vacance de la Présidence de la République ; il sera procédé à l’élection d’un nouveau Président dans les conditions de l’article 47 ci-dessus. Le Président frappé de déchéance n’est plus éligible à toute fonction publique élective).

« A l’heure qu’il est et au moment où je vous parle, parce que le gouvernement et le président de la république n’ont pas effectué leur mission convenablement dans l’esprit et le respect de la loi, je décide de prendre en mains les affaires de Madagascar, jusqu’à ce que le gouvernement de transition soit mis en place. Ce qui se fera le plus rapidement possible.

« Je lance donc un appel avec effet immédiat à tout le personnel des banques centrales de ne plus y retirer des fonds car, se faisant, vous vous faites leurs complices et vous serez sévèrement punis si vous vous obstinez à le faire. Et puisque le pays tout entier ne vit pas dans une pleine sérénité, à l’heure où je parle, en attendant que les nouveaux ministres prennent leurs fonctions dans les ministères, j’ordonne que tous ces ministères soient fermés à partir de lundi prochain.

« Nombreux sont les éléments des forces de l’ordre, qu’ils soient policiers ou militaires, qui ont eu des entrevues avec moi, qui m’ont déclaré : nous vous attendons Andry Rajoelina ! Au jour d’aujourd’hui, je m’adresse à vous publiquement : venez car, à présent, c’est moi qui vous donne des ordres, que vous soyez policiers, militaires ou gendarmes. Soyez fermement décidés car c’est l’avenir même de la Nation qui est en jeu. Ne vous laissez pas soudoyer par l’argent, respectez le grand nombre. Je tiens à vous informer que ceux qui ont commis des perturbations, sur cette place tout à l’heure (Ndlr : des éléments en uniformes étaient venus prendre des chaises devant la tribune mais ils ont été pourchassés et ont du quitté les lieux grâce à la vigilance du service d’ordre. Les éléments officiels encadraient la place et surveillaient les magasins et commerces alentour) ne faisaient pas partie de l’Emonat (forces armées mixtes). C’est-à-dire qu’il ne s’agissait ni de vrais policiers, militaires ou gendarmes mais d’individus payés pour semer le désordre. Mesdames et Messieurs, j’ordonne donc aux éléments réguliers d’appréhender sans délai ces mercenaires. Il faut arrêter ces mercenaires !

« Je sais, nous savons où se trouve leur point de ralliement maintenant. Par ailleurs, j’invite les chefs des forces de l’ordre à venir se réunir avec moi tout à l’heure. Quant à vous perturbateurs, si vous persistez à vous entêter à vouloir semer le désordre, si vous continuez à voulor à tout prix défendre les intérêts d’une minorité, si vous ne respectez pas la loi, je lancerai aussi un mandat d’arrêt contre vous !
Mesdames et Messieurs,

Je vous adresse des félicitations réciproques, la lutte sera victorieuse. Je vous remercie !

Andry Nirina Rajoelina
Place du 13 mai, le samedi 31 janvier 2009